08/03/2010

la maison de mon grand père suite

Ma zia Gioconsa, gentille et accueillante, elle est morte à 98 ans, les lieux n'ont pas changé et notre vie à tous était dans les cadres au mur !DSCF0364

Pour lire les épisodes précédents aller sur "souvenirs d'enfance Italie"

Résumé : mes premières vacances en Italie

Donc dans la maisonnée des grand parents, nous nous sommes retrouvés une grande famille:

mon grand père Luigi, le petit grand chef

ma grand mère Maria, grande, adorable et gentille

ma tante Marcella que j'adore toujours (elle vient de fêter ses 95 ans) elle était venue de Naples avec son petit garçon de 4 ans Pasquale

maman, mes 2 petits frères et moi.

zia Gioconda et zio Ferrucio mais qui habitaient ailleurs

La première chose que ma tante a fait c'est le repassage de mes jolies robes, le fer à repasser était antique, il fallait y mettre du charbon de bois chauffé dans le poële, puis mis dans le fer, refermer le couvercle et le balanceer pour chauffer la semelle - je ne vous parle pas du 18e siècle mais de 1952 !!!

Ensuite elle me paraît de ses jolis bracelets en or (sans doute pour faire croire que les immigrants de Belgique avaient fait fortune) !! moi je me laissais faire et ensuite on m'a envoyé dans la famille de mon papa (rivalité toujours entre les 2 familles) moi j'ai enfourché la vieille byciclette de ma tante Gioconda et je suis allée toute seule découvrir la famille de mon père, ce n'était pas très loin et lorsque je me suis arrêtée pour demander mon chemin, j'ai vu un jeune garçon roux me dire, oui c'est ici !! sure le coup je ne le croyais pas parce qu'il avait des cheveux flamboyants et je ne pouvais pas être parente avec des roux (dans ma jeunesse on n'aimait pas les roux)!!!

J'ai donc fait la connaissance de ma tante Irma et de mon autre cousin (noir de cheveux) et dont je suis tombée amoureuse sur le champ (ahhh les amours de 13 ans). J'avais dans cette famille 2 cousins et une cousine de mon âge (rousse !!!) celle a qui j'ai du donner l'un de mes présents de communiante.

Je suis donc toute fière de mes premiers mots en italien, le problème c'est que c'était du patois et non le vrai italien.

Mes vacances ont donc commencé sous le soleil et je m'émerveillais de tout. Grand père avait des champs de maïs, des vignobles, 2 vaches, des poules et un énorme cochon enfermé, dont j'ai un jour voulu ouvrir la porte et que lui poussait de l'autre côté, un monstre, heureusement que nonno est arrivé à temps et m'a engueulée bien sûr

 En fait je n'aimais pas faire la sieste mais il faisait tellement chaud que tout le monde dormait sauf moi!

J'avais tant de choses à découvrir, le grand fiume qui traversait le village, justement je profitais de la sieste pour y aller et j'y ai trouvé une amie, Antonnietta qui jouait avec des chatons. Quelques temps plus tard nous avons emprunté une énorme barque avec le grand baton et nous nous sommes lancée sur le fleuve!! sur la berge j'ai vu ma grand mère paternelle qui relevait ses jupes et courrait chez ma mère annoncer notre "exploit". Il y avait un courant assez fort et nous avons fait le tour du village et pu amarrer la barque près du pont. Ce fut la grosse engueulade mais vite oubliée, nous étions inconsciente et téméraires mais c'est ça la jeunesse.

Mais chez nonno Luigi, il n'était pas question de jouer tout le temps, le matin on attelait les 2 vaches à cornes à la grande charrue plate, ma tante Marcella faisait grimper les enfants dessus et hue, en route pour les champs de maïs et le soir dans la cour de la ferme, tout le monde s'y mettait pour vider les carottes de leurs grains, c'était assez laborieux mais si je voulais quelques lires pour aller au cinéma du village, j'y mettait toutes mes forces, en fait on grattait la carotte pleine avec une carotte vide!!

C'était génial cette grande convivialité, on chantait tous les soir et comme j'aimais cela je m'en donnais à coeur joie. La nuit apportait les lucioles, ces petites bêtes lumineuse, on jouait à les attraper! quelle douceur de vivre avec tous les voisins, parents venus de partout pour nous voir et nous apporter l'un un poulet, l'autre du fromage que nous partagions.

Le matin je m'éveillais avec l'odeur du café con grappa, bien sucré et les petits pains à l'huile avec le fromage.

En fait, les fermiers cultivaient leurs champs, apportaient leur récolte à la coopérative et on allait chercher le pain et les pâtes qui étaient déduits sur le carnet.

avec e lait il faut que je vous dises que j'étais devenue un championne sur le vieux vélo de ma zia Gioconda, donc on m'a confié la lourde tâche de porter chaque soir les 2 grosses cruches de lait à la laiterie et je revenais avec le petit lait pour le cochon, un exercice très périlleux car la route en 1952 était remplie de nids de poules, mais je suis fière, je n'ai jamais versé!

Donc le lait récolté chez tous les "contadini" (fermiers) permettait à chacun, une fois l'an de faire son fromage (on sait qu'il doit vieillir) c'était vraiment bien organisé.

Ca me fait du bien de retrouver en moi tous ces souvenirs, en Belgique mes parents n'avaient pas de famille mais mon papa recevant les nouveaux immigrés de son village, la maison de Belgique raisonnait de cet accent de Venise que j'adore.

A suivre....

 

23:09 Écrit par Laura dans Souvenirs d'enfance: Italie | Commentaires (1) |  Facebook |

18/11/2009

la maison de mon grand père suite...

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FIUME VENETO

RegioneFriuli-Venezia Giulia
ProvinciaPordenone (PN)
ZonaItalia Nord Orientale

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Nous sommes donc sur le quai et après ce trajet tellement long mais tellement amusant en train, une voiture d'un voisin nous a conduit à destination : Fiume Veneto et la maison de mon grand père.

Il faisait nuit noire et aucun éclairage; un monde fou remplissait l'unique pièce et ce fut des embrassades, des rires, des pleurs, des carrissima et moi et les petits ne savions pas qui étaient tous ces gens.

Il y avait ma grand mère Maria, mon grand père (petit) Luigi dit Gigi, ma tante Marcella venue exprès de Naples avec son fils Pasquale bambin de 4 ans, il y avait ma tante Gioconda et son mari mon oncle Ferrucio et je me demandais combien de chambres avait cette maison si tout ce monde restait là.

Ma grand mère me prit par la main et me dit "viens, nous allons à la fontaine" et dans le noir total, à quelques mètres de la maison, j'ai entendu la "fontana", ne voyant rien de rien, j'ai imaginé une grande vasque avec des statues et des bouches d'où coulait une eau très fraiche.

Cette nuit là, nous nous sommes couchés très tard et pour y aller....nous sortons de la pièce et juste à côté une porte menant à l'étage. 

Grand mère et grand père avait une chambre au premier et sur le grand palier il y avait un lit dans lequel j'ai dormi. Maman, ma tante Marcella et les enfants ont dormi dans le grand grenier sur des matelas de plumes et.... les grandes vacances commençaient....

Le lendemain matin, réveillée par une odeur étrange  qui traversait les poutres.... le café con grappa!! il suffit d'en parler pour que l'odeur me revienne, c'était mon premier matin en Italie.

La première chose que je fis c'est découvrir les lieux autour de la maison et là....grosse déception: la fontaine que j'avais imaginée n'était qu'un bac et un tuyau. J'ai appris à l'aimer cette eau courante car nous faisions tout à la fontana, nous laver, laver le linge, les légumes, elle coulait sans fin, c'était génial....elle était pure et fraiche comme mes 13 ans :o))

 

à suivre

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20:11 Écrit par Laura dans Souvenirs d'enfance: Italie | Commentaires (4) |  Facebook |

15/11/2009

la maison de mon grand père

mon blog étant pour moi comme un journal perso, je m'y épanche sans vous obliger à me lire Sourire

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En juillet 1952 je l'ai découverte, la maison de mon grand père, c'était l'après guerre et l'Italie se remettait mal des blessures. Maman étant en Belgique depuis 20 ans et elle n'avais pas revu sa mère. Ce sont pour moi qui avait juste 13 ans, des souvenirs indélébiles.

Aujourd'hui la maison en ruine a été vendue et j'ai le coeur gros mais c'est la vie et on ne revient pas en arrière.

De tous les enfants vivants ne restent que mon oncle Mario au Canada et ma tante Marcella à Naples. Je les ai presque tous plus ou moins connus mes oncles et tantes et ils sont chers à mon coeur.

Pour moi ce fut la découverte d'un monde "à part" la ferme de mon grand père maternel, petit mais autoritaire et ma grand mère si belle et si gentille. Ce furent les plus belles vacances de mon enfance.

Même si ce sont presque des ruines, ces murs ont vécu tellement de choses que j'aurais voulu qu'ils restent toujours debout. Le petit village de mes vacances est devenu moderne mais dans mon cœur il sera toujours celui de mon grand père.

J'ai envie de raconter mais je devrai le faire par épisodes que j'intitulerai toujours "la maison de mon grand père"

mes grands parents et leurs enfants - maman la dernière en haut à droite

FAMILLE FRANCESCUTTI

les jeunes filles du village mais je ne sais pas en quelle année

ITALIE 1

la maison de mon grand père

manque l'étable et la grange

qui pourrait dire que dans cette maison nous avons ri, chanté, dansé, fait les vendanges..... une foule de beaux souvenirs

 

à l'arrière

la maison de grand père

l'unique pièce du bas

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J'ai donc fait ma communion solennelle en 1952 et pour la première fois maman allait retourner en Italie, dans le nord, tout en haut dans le Veneto à "Fiume Veneto".

Le premier juillet, nous avons donc pris le "train des italiens" rempli à ras bord de gens et de valises et nous étions 4 : maman, mes 2 petites frères 4 ans et 3 ans et une très vieille dame amie de mes parents.

J'ai adoré ce voyage car le train était "à vapeur" donc assez lent et c'était la première fois que je partais si loin et en train, on voyait les wagons de queue très loin de la locomotive. Des rires partout de ces mineurs ou ouvriers d'usines qui allaient rejoindre leur famille lointaine pour des vacances bien méritées. Je n'avais pas assez de mes yeux pour tout voir, tout entendre, je ne parlais pas italien (pas encore) mais je comprenais tout et j'étais heureuse comme jamais.

Nous avions des valises remplies de tout ce qui manquait encore en Italie, sucre, chocolat et plein de bonnes choses et moi j'avais un pincement au cœur car mon papa m'avait demandé d'emporter un de mes cadeaux reçu à ma communion (une jolie boite à bijoux) pour l'offrir à une cousine de mon âge, du côté de mon père,  je ne la connaissais évidemment pas et pas du tout envie de donner mon cadeau, mais la mort dans l'âme, je l'ai donné!......

Nous avons mis des heures à faire ce voyage et nous devions changer de train à Milan. Deux jeunes hommes étaient dans notre compartiment et ils proposèrent à maman de m'emmener boire une limonade et lorsque nous avons voulu rejoindre le train....il n'était plus là !!!

En fait il avait changé d'aiguillage et lorsque j'ai vu la tête de la vieille dame qui nous accompagnait j'aurais pleuré tellement j'avais eu peur !!

Le voyage a continué jusqu'à Mestre près de Venise et là nous devions prendre une "micheline" comme on disait, pour arriver enfin (il faisait nuit noire) à Pordenone.

Maman est descendue du train et à vu sa mère sur le quai et elle l'étreignais tellement qu'elle nous oubliait moi et les 2 petits et la vieille et les valises!!! c'était émouvant, après 20 ans...

à suivre...


 

22:32 Écrit par Laura dans Souvenirs d'enfance: Italie | Commentaires (3) |  Facebook |